Confondre être et avoir : les jouets

Qu’attendons-nous d’un jouet ? Qu’il amuse, qu’il divertisse (et qu’il occupe) nos enfants longtemps. Et si en plus il peut offrir des nouvelles pistes d’inventions, c’est que du bonheur.

Mais honnêtement, ce n’est pas l’esprit du monde du commerce en général. Les fabricants de jouet veulent essentiellement… vendre. Alors, regardez les catalogues de jouet attentivement. Ce qu’ils proposent le plus, ce qu’ils mettent en valeur, c’est le bonheur de posséder. Ils font croire que posséder un jouet garantit des heures de jeux.

Mais en fait, posséder ne suffit pas. Il faut que le jouet en question ait certaines qualités : faire travailler la tête (imagination ou logique), permettre des détournements, être agréable à toucher et à regarder, favoriser l’autonomie (si on a besoin d’un parent pour faire un montage ou changer les piles, le parent ne sera pas toujours disponible; L’exemple type est le petit laboratoire de chimie, passionnant… si quelqu’un est là pour tout expliquer!), nourrir une passion ou un soif de création…

Vous voulez savoir quels jouets ont une durée d’intérêt très limitée ? Regardez ce qu’on trouve dans les brocantes… Vous voulez un exemple ? Prenons une peluche qui chante des comptines et « apprend » les formes. Pendant les premières minutes de déballage, un tout petit va se jeter dessus. Il va appuyer sur tous les boutons. Mais après ? Que peut-il faire de cette peluche? Il ne va pas s’intéresser aux messages préenregistrés, à moins que son papa ou sa maman ne soit là pour lui dire « Oh ! Il veut que tu trouve le triangle ! Où est le triangle ? » Dans ce cas, l’enfant joue-t’ il avec la peluche… Ou avec son parent ? Et pour jouer avec ses parents, on n’a pas vraiment besoin d’une peluche chantante, il y a beaucoup d’alternatives plus passionnantes (livres, encastrements, cubes…). Ce principe est valable pour tous les âges.

Avant de choisir un jouet pour son enfant ou à offrir, pensons donc à ne pas confondre joie de posséder (qui est de courte durée et ne « rassasie » pas, on a vite envie d’autre chose) et plaisir de jouer. Pensons au fait que :

  • posséder beaucoup limite l’imagination
  • posseder beaucoup limite l’immersion et le temps passer à imaginer
  • notre argent est limité, il faut bien l’employer
  • posséder ne developpe pas de nouvelles compétences
  • posséder, c’est aussi passer plus de temps à ranger, netoyer, entretenir la chambre !
  • Le bonheur ne dépend pas de ce que nous possédons.

Les jeux les plus prenant ne sont pas les plus chers, ni les plus vantés par la pub : un grand carton, un bout de forêt, un bord de rivière, des copains ou ses parents… Alors, pour tous les Zérodéchets, les parents bienveillants, les écoresponsables, les personnesàpetitsrevenus, bon courage pour trier le bon du mauvais, le mieux du pire !

(Ici, je n’aborde pas le thème des jeux de société qui réclament de jouer… en société ! On ne peut donc les offrir que si on projette de passer de nombreuses heures à y jouer nous même, sinon on n’offre que de la frustration en boite… Ni le vaste sujet des jeux numériques, qui valent bien un débat à eux seuls ! )

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